Ma p'tite vie au quotidien

Vivre avec un trouble d’anxiété généralisé (TAG)

Et voilà, voici que moi aussi je me retrouve catégorisée: je souffre de trouble d’anxiété généralisé. Voilà déjà un mois que ma vie a complètement basculée. Ça l’a débuté avec des crises d’angoisse  mais en fait, il y a plus. Beaucoup plus.  Un mois que je suis dans l’incapacité de travailler, un mois que je dois constamment faire face à des épreuves insupportables physiquement et mentalement. Je sais, il y a pire que ça… mais ça ne rend pas le tout moins désagréable.

Ce que je déteste de ma nouvelle vie c’est qu’il y a définitivement un avant et un après et le après n’est pas du tout rassurant, ni encourageant. Je me console néanmoins en me disant que depuis les quatre dernières semaines, j’ai quand même vu de gros progrès même s’il me reste un long chemin à parcourir et ce, sans savoir si je vais pouvoir retrouver ma vie d’avant.

Si je remonte au mois de septembre, rien ne laissait présager ce qui allait arriver. Et tout a déboulé tellement rapidement. Crise d’angoisse, attaque de panique, paranoïa, hyperventilation, palpitation cardiaque… mais le pire: la dépersonnalisation. Alors, ou en suis-je rendue un mois plus tard?

Sortir de sa zone de confort…

Lorsque j’ai débuté mon blogue, je parlais beaucoup de « sortir de ma zone de confort », expression que j’aime beaucoup et que j’utilise fréquemment. Jamais je n’aurais pensé que le fait d’aller faire l’épicerie serait considéré comme sortir de ma zone de confort. En fait pendant quelques temps le simple fait de sortir de mon lit était trop extrême. Je ne parlerai même pas de ce qui est de conduire ma voiture.

Aujourd’hui je dois réapprendre à vivre étape par étape, sans rien brusquer pour ne pas rechuter. Les médicaments que je dois prendre sont malheureusement le prix à payer pour accélérer tout le processus de guérison. Je continue, avec l’aide et les encouragements de mon médecin et mon psychologue que je consulte à chaque semaine, de sortir de ma zone de confort. Ce qui veut dire aller me promener en voiture sans craindre à chaque instant que je vais avoir un accident et tuer quelqu’un… faire l’épicerie sans m’enfuir en panique… et continuer d’aller dans des endroits publics, comme un centre d’achat, même si je ne suis pas encore prête à interagir avec une vendeuse par exemple. C’est pas mal le plus loin de ma zone de confort que je peux me rendre pour l’instant. Et ça reste des expériences très pénibles.

Heureusement, je partage ma vie avec deux hommes extraordinaires. Avec eux je n’ai peur de rien. Je me sens normale et rassurée. En leur présence, je peux pratiquement tout faire comme une personne normale. Enfin presque…

La médication…

Tout était tellement insupportable que oui, j’ai flanché et j’ai accepté d’être médicamentée. J’aurais même supplier mon médecin de le faire si ce n’est pas elle qui me l’avait proposé tellement j’étais désespérée. Mais ce n’est pas sans conséquences. Tout d’abord les médicaments prennent environ un mois avant de faire effet. Je devrais dire avant de voir des effets positifs. Parce que des effets négatifs il y en a eu il y en a encore. Surtout que je suis passée de la dose minimale à une dose quatre fois plus forte en 4 semaines. Le pire ce sont définitivement les maux de tête atroces et le mal de cœur. Puis certains matins il y a cette fatigue extrême qui m’empêche vraiment de me réveiller. Ou à l’inverse plusieurs matins où je me suis réveillée à 4h sans pouvoir me rendormir.

Vivre avec un trouble d’anxiété généralisé 

C’est malheureusement le prix que j’ai décidé de payer pour redevenir fonctionnelle le plus rapidement possible. Mon travail et mes collègues de travail me manque. Avoir une vie sociale me manque. En fait, avoir une vie normale me manque. La liberté de faire ce que je veux quand je veux me manque. Je parle ici d’aller magasiner, faire l’épicerie, aller au resto, aller à l’anniversaire de ma nièce…

Voyager.

Voyager occupe une grande place dans ma vie. Aujourd’hui, je suis incapable d’affirmer que je voyagerai à nouveau un jour. Normalement je serais complètement anéantie par cette phrase. Mais pour l’instant, si j’arrive simplement à faire l’épicerie sans avoir une attaque de panique, sans quitter précipitamment en laissant mon panier d’épicerie rempli sur place et ce, a chaque visite, je serais la fille la plus heureuse sur terre. Une étape à la fois…

Il y a tellement de choses qui sont mélangées dans ma tête que je n’y vois plus toujours très clair.  Même lorsque je ne suis pas en crise, je ne suis plus la même. Je peux lire le journal ou un magazine mais je n’arrive plus à lire simple roman. Je suis totalement incapable de me concentrer à faire deux choses en même temps lorsqu’on me parle. Si je suis en train d’attacher mes souliers, je suis totalement incapable de comprendre quoi que ce soit si on me parle. L’anxiété cause de la confusion et ça aussi, je dois apprendre à vivre avec ça… C’est tellement frustrant.

Incompréhension

Comment est-ce possible qu’un cerveau dérape ainsi? Je ne bois pas, je ne fume pas, pas de drogues non plus. Je ne me prends pas pour une super women avec un horaire impossible. Je vis une vie relaxe, j’ai une job pas trop stressante… Alors pourquoi?  Pourquoi moi?

Je n’ai pas tout détaillé ici, mais disons que j’ai découvert des endroits très sombre dans ma tête. Et je ne parle pas de dépression. Je parle de pensées obscures qui font peur à moi même.

Mais le pire, c’est la frustration. Je suis tellement en « colère » après mon cerveau, envers la situation. Je trouve ça tellement absurde tout ce qui m’arrive. Et de se sentir impuissant face à ça, de ne pas être capable de contrôler ce qui se passe dans sa propre tête, c’est poche. Puis la déprime qui se mèle de temps en temps à ça lorsque je réalise à quel point c’est déprimant à l’idée de vivre ainsi. Puis finalement, il y a la culpabilité de ne pas travailler. De laisser mes tâches à d’autres alors que je suis très « protectionniste » envers MES tâches. Ne plus être fonctionnelle pour travailler, surtout pour moi, c’est vraiment très… humiliant. Tout ce que je voudrais, c’est appuyer sur un bouton « accélérer » pour arrêter de « perdre » mon temps et redevenir… normale. Comme j’étais avant.

Les préjugés envers le trouble d’anxiété généralisé

C’est là que je me rends compte que les maladies mentales peuvent vraiment frapper n’importe qui, n’importe quand, pour n’importe quelles raisons. Personne n’est à l’abri. Et surtout, malgré tous les préjugés, les maladies mentales existent pour vrai. Dire qu’il il a quelques semaines de cela je n’avais même jamais entendu parler du trouble d’anxiété généralisé. L’anxiété, ben c’était comme du stress pis ça, tout le monde en vit et personne n’en meure. Pire, je dois l’admettre, comme plusieurs personnes, je jugeais les gens qui, comme moi, se retrouvait incapable de travailler. Même après ma première, puis ma deuxième attaque de panique, j’ai refusé le congé proposé par le médecin qui m’a vu en urgence. Mais tout s’emplifiait à une vitesse folle et j’ai finalement compris que mon corps faisait absolument tout pour que j’arrête. Tsé, quand tu réussis à avoir un suivi avec un psy sur une base hebdomadaire plus rapidement au PUBLIC qu’au privé, ça en dit long sur l’urgence…

Bref, je n’ai aucune idée de ce qui va se passer à court et moyen terme. J’espère sincèrement être capabe de retourner au travail avant les vacances de Noel. C’est dur sur le moral et sur l’orgueil. Mais devoir affronter mes collègues de travail sera probablement la plus difficile des épreuves que j’aurai à vivre.

À suivre…

Trouble danxiété généralisé

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