Ma p'tite vie au quotidien

Je pars affronter mes démons!

Mes démons, mes peurs, mes appréhensions, mes phobies, mes craintes…

Je pourrais tellement les nommer de différentes façons. Dans un but ultime de retrouver complètement ma santé mentale, j’essaie quelque chose de nouveau. De moi-même. Les différents spécialistes que j’ai rencontrés aux cours des six derniers mois m’ont apportés beaucoup de trucs et conseils, chacun à leurs façons. Mais plusieurs s’entendent pour dire que ce genre de thérapie, la thérapie cognitivo-comportementale (TCC), n’est pas pleinement fonctionnelle dans mon cas. Depuis mes premières attaques de panique en octobre dernier, j’ai développé plusieurs phobies absurdes si je peux le dire ainsi. Avec de l’agoraphobie. Peur de faire l’épicerie, peur de croiser un piéton sur le trottoir, peur de conduire… Peur d’être folle, peur de voler dans un magasin sans m’en rendre compte, peur de pousser quelqu’un dans le métro… Bref, pleins de peurs que je n’avais jamais eu auparavant parce qu’elles sont irrationnelles et causées par mon trouble d’anxiété généralisé.

Avec mon psy, on m’a placée dans différentes situations anxiogènes. Le problème avec moi, c’est que je poussais trop. Contrairement aux gens qui souffrent de TAG, je n’avais pas peur de sortir pour affronter mes craintes et les affronter. Sauf que ça n’empêchait pas les attaques de panique de survenir. De plus en plus souvent. Et comme je voulais à tout prix réussir le plus rapidement possible, je m’exposais le plus souvent possible… ce qui faisait tout échouer. De l’avis de mon médecin et de mon psychologue, ça ne fonctionne pas pour une personne comme moi.

Depuis, le temps a passé et ma dose de médicaments a augmenté. J’ai commencé à sortir seule moins souvent, à part dans des endroits où je me sens finalement à l’aise. Mais le problème est encore là et rien ne se passe.

Donc, j’ai décidé de prendre moi-même les choses en main. C’est ben beau m’exposer à des situations anxiogènes (mais irrationnelles), mais ça ne m’avance pas à grand chose. Tout comme lorsque je fais de l’évitement au cas où… Ce que je fais principalement lorsque je dois affronter une situation stressante, je me fais accompagner d’une personne de confiance susceptible de me protéger si besoin est. Encore une fois, c’est irrationnel, mais tellement rassurant! Et cette personne peut être n’importe qui en qui j’ai parfaitement confiance ET qui est parfaitement au courant de ma condition. Ça peut être mon chum, Fiston, ma famille, mes amies très très proches…

Bref… Si j’oublie ne serait-ce qu’un instant tout ce que j’ai vécu ces derniers mois. Si je recule dans le passé, lorsque je ne savais même pas ce qu’était une attaque de panique, l’anxiété, l’évitement… et que je m’analyse un peu…

trouble d'anxiété généralisé

Qui sont mes démons?

Et bien voilà. J’ai constamment besoin de faire approuver mes choix, mes décisions. Je suis une éternelle insécure, et j’ai toujours besoin qu’on me confirme que ma décision est la bonne. Le problème, c’est que c’est pratiquement à propos de TOUT! Quelle recette de biscuits devrais-je faire cette fois-ci? Quelle couleur devrais-je choisir pour ce chandail au magasin? Quel hôtel dois-je choisir pour notre prochain voyage? Bref, chaque fois que j’ai un choix, j’ai TOUJOURS eu l’impression que c’était comme une question de vie ou de mort si je me trompais. Comme si chaque fois que je devais prendre une décision, même extrêmement banale, les conséquences seraient désastreuses. Pas pour rien que j’ai développé un trouble anxieux quand on y pense… C’était toujours là, caché dans un coin sombre de mon cerveau… Mes démons…

Donc, j’ai décidé de partir. Seule. Et loin. Bon, loin n’étant pas si loin, mais vu comment je me sens, comment je suis… Je pars donc mardi pour 6 jours. Seule, l’aie-je dit?! En voiture, aux États-Unis. Je déteste traverser la frontière en voiture, trop de mauvaises expériences auprès de ces douaniers qui semblent ne jamais comprendre pourquoi je voyage? Mais j’ai l’impression que l’océan va m’aider. La vue, le bruit des vagues… mais surtout, je veux partir pour réaliser que je suis capable. Me sortir de ma zone de confort plus que jamais. Me convaincre que mes démons ne sont pas réels et que peu importe les situations qui peuvent se produire, je vais être capable de les affronter, même si je suis seule!

J’ai déjà une petite liste dans ma tête des choses que j’évite pas mal toujours volontairement. Comme le simple fait d’aller manger au restaurant seule! C’est quand même incroyable le nombre de fois que j’ai écrit le mot « seule » en si peu de phrases… Ça veut tout dire…

J’aimerais pouvoir tout simplement arrêter d’avoir une imagination aussi fertile. D’arrêter de m’imaginer mille et un scénarios catastrophiques que j’imagine être des visions du futur. J’aimerais ne pas être à l’affût continuellement des signes qui prouveraient que j’avais eu raison de m’inquiéter. Si je ne peux pas contrôler cette partie de moi, je peux néanmoins essayer de maîtriser ma réaction. Prendre conscience que c’est mon imagination qui prend le dessus. Ce ne sont que des pensées, comme des millions d’autres qui nous traversent l’esprit à chaque journée de notre vie.

Je m’éloigne donc de mon entourage, de mon « évitement » pour affronter mon moi-même seule. Je crois que j’ai fait assez de progrès depuis les derniers mois pour cette dernière étape à mon rétablissement. Je ne sais pas si c’est trop drastique ou non, j’essaie de ne pas trop penser à ce qui pourrait arriver si je perds la tête. Si c’est en voiture, je n’ai qu’à m’arrêter et attendre que ça passe! Même si ça prend  une heure ou deux! Ce n’est pas la fin du monde, personne ne va me voir, me juger, me critiquer ou rire de moi! C’est ce que je dois me répéter à chaque fois! Évidemment, ma chambre d’hôtel sera mon refuge. Comme je passe environ 5 semaines en moyenne par année dans diverses chambres d’hôtels, ce n’est pas un endroit que je redoute. C’est plutôt comme un autre chez-moi, même si c’est dans un hôtel dans lequel je n’ai jamais mis les pieds avant.

Mais il y aura l’océan. Et la plage. Et les vagues, et le sable! Vous comprendrez qu’en avril, pas très loin d’ici, ce ne sont pas des vacances. Je n’irai pas me faire bronzer avec mes bottes d’hiver, mon gros manteau, ma tuque et mon foulard sur la plage gelée. Si je voulais vraiment aller en vacances, j’aurais choisi une autre destination que Amesbury, au Massachusetts. Pas très exotique, non?! J’aurais préféré le Mexique, pour la nourriture, le soleil, la chaleur et l’eau turquoise… Mais mes démons n’auraient pas pris l’avion. Ils auraient été là, à m’accueillir à l’aéroport alors je n’aurais pas été plus avancée.

Cette idée, c’est la mienne et celle de personne d’autre. Elle ne va pas à l’encontre d’un avis médical puisque je n’ai pas revu mon médecin depuis que j’ai eu cette idée (il y a quelques jours à peine). Je pars un peu sur un coup de tête, après avoir vécue trois situations cette semaine qui m’ont fait réaliser que je vais beaucoup mieux et que je suis capable de survivre à des situations auxquelles je n’aurais jamais pu faire face il n’y a même pas un mois. Alors ce n’est pas nécessairement une thérapie que je recommanderais à quiconque. Je crois sincèrement que c’est ce dont j’ai beaucoup pour passer à autre chose. J’ai beaucoup d’espoir dans ce geste et je crois que juste avec ça, c’est bon signe!

J’ai déjà une petite liste en tête des choses que je veux faire… Vous allez être surpris des choses qui me font capoter… Des choses banales pour le commun des mortels, mais invivables pour moi au point d’alimenter mes démons! À suivre cette semaine…

Zen…

démons

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