Ma p'tite vie au quotidien

L’automutilation: comment attirer l’attention!

L’automutilation, tout le monde sait ça, c’est lorsque tu cherches à attirer l’attention des autres, de ton entourage…

Ouain… C’est quand même incroyable le nombre de préjugés que j’avais avant… J’ai souvent dit que je ne trouvais rien de positif au fait de souffrir notamment du trouble d’anxiété généralisé, mais en y repensant bien, si ça peut faire de moi une meilleure personne, et bien tant mieux!

Même après mon 1er épisode d’automutilation,  je n’ai jamais cherché à Googler les raisons du pourquoi les gens le font. De toute façon ça ne change rien à la situation. Tout ça pour dire que les raisons, les moments, les gestes, les pulsions… ça me concerne moi. Ça veut donc dire que tout cela est probablement propre à chacun. Et différent.

Pourquoi l’automutilation?

Parce que c’est ce que  je ressens au plus profond de mon âme. Parce qu’à ce moment précis où le besoin arrive, c’est vital. Aussi vital que de respirer. C’est comme un cocaïnomane/héroïnomane en manque de drogue. C’est là, maintenant et tout de suite que tu en as besoin. Ça ne peut pas attendre, quitte à prendre n’importe quoi de disponible pour arriver à tes fins. Tu ne peux juste pas attendre une seconde de plus. Puis vient enfin le moment de sérénité. Le stress, la pression, le besoin… tout cela s’envole aussi brutalement que c’est arrivé.

Contrairement à mes attaques de panique qui elles, sont complètement imprévisibles et arrivent sans aucune raison, mes pulsions d’automutilations n’arrivent pas sans raison. Heureusement, elles sont très rares dans mon cas. Mais très intenses lorsqu’elles se produisent. Je peux difficile les prévenir, mais au moins, je sais pourquoi elles arrivent. Dans mon cas, c’est lorsque j’atteins un niveau maximum de stress, dans une situation extrêmement déplaisante. Parfois, c’est dans l’attente d’une situation « prévue » (donc sert à diminuer le stress). Parfois, à l’inverse, c’est lorsque arrive une situation imprévue extrêmement désagréable.

La 1ere fois…

Mésentente, colère, porte claquée… Je me sentais mal et comme bien souvent, je pars marcher dehors. Et là, ça me pogne. Sans raison. J’ai besoin de prendre quelque chose de tranchant pour m’ouvrir la peau. Pas les veines là. Juste la peau. Je trouve ça ben weird, et je continue de marcher. Mais c’est insupportable.  Je ne comprends vraiment pas ce qui se passe, mais je finis par rebrousser chemin. Mon corps me dicte quoi faire. Je cours presque tellement le besoin est urgent. L’automutilation, je ne connais pas ça pantoute. Je prends un couteau, mais ça ne fonctionne pas. J’essaie de l’aiguiser, mais je déteste trop ce bruit. Ça presse. Je finis par trouver un petit exacto et je cours me cacher dans la salle de bain. Et je taille environ 3 cm dans ma peau. Là j’ai l’impression de respirer après avoir manqué d’air pendant 15 minutes.

J’ai honte. Je ne comprends pas ce qui vient de se passer. Mais tout ce que je sais, c’est que ça va mieux! Et c’est tout ce qui compte.

Par la suite…

Pendant les semaines qui ont suivi, j’ai toujours traîné ce petit exacto avec moi. Juste au cas où. Sauf en vacances. Parce qu’en vacances, le stress n’existe pas. Ou plutôt peut-être, mais tête le traite différemment. Puis j’ai oublié.

La routine a repris, le travail a recommencé. Les évènements (trop) stressants sont revenus. Et une journée, je me suis retrouvée vraiment mal pris. J’ai presque viré mon bureau à l’envers pour essayer de trouver n’importe quoi d’assez coupant. Tsé, quand t’es vraiment désespérée et que chaque centième de seconde compte. Je m’étais imaginée qu’en n’ayant rien de coupant sous la main, ça finirait par passer. Je ne pouvais pas être plus dans l’erreur. Je ne vous direz pas ce que j’ai fini par prendre, mais ça l’a fonctionné pour faire une bonne coupure d’au moins 6 cm.

Faut que je reste prudente malgré tout. J’ai le sang clair et lorsque je saigne, ça saigne longtemps. Et les cicatrices. Je confirme, ça reste. Et ça bronze plus que le reste. Ça laisse donc de grandes lignes brunes l’été. La seule chose, c’est ce que je n’ai pas à les justifier. J’ai deux chats donc c’est tellement facile de mettre le blâme sur eux.

Bref, si je raconte tout cela, c’est pour faire prendre conscience à quel point les troubles de santé mentaux peuvent affecter les gens de différentes façons. Dans mon cas, c’est toujours la même chose. Une partie de ma tête prend le contrôle et décide à ma place.

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